Also Known As Jihadi __ 2017

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Un film de: Eric BAUDELAIRE
Production: Poulet Malassis, Spectre Production

Image: Alan Guichaoua, Claire Mathon
Tourné en: Sony FS7
Etalonnage: M141

2017 – 102mn – 2,35 – Couleur

COMPETITION INTERNATIONALE, 28eme FID MARSEILLE

Expositions / shows
09/2017 – Centre Pompidou / « ERIC BAUDELAIRE, APRÈS »
Un film, une exposition, des rencontres
du 6 au 18 septembre 2017, de 11h à 21h

06/2017 – Tabakalera Art Centre (San Sebastian – Spain) / solo show
04/2017 – Contour Biennial (Mechelen – Belgium) / collective show
02/2017 – Witte de With (Rotterdam – The Netherlands) / solo show
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En 1969, le cinéaste japonais avant-gardiste Masao Adachi signait A.K.A. Serial Killer, portrait de Noro Nagayama, tueur en série de 19 ans, qui avait commis des meurtres à divers endroits du pays. La singularité du film tenait à ce qu’Adachi souhaitait illustrer la « théorie du paysage », qu’il avait contribué à élaborer et qui décrétait que, bien décrit, bien filmé, un paysage pouvait dévoiler les structures d’oppression dont il était le fruit et qu’il continuait de transmettre. Éric Baudelaire a consacré, on le sait, son déjà fameux premier long-métrage à Adachi. Et la question du paysage suspendu entre son statut d’énigme muette et de texte à déchiffrer anime autant ses autres films que ses travaux photographiques. Voilà Baudelaire à nouveau reprendre la méthode « du paysage », en citant explicitement le titre d’Adachi, pour la dédier cette fois à un jeune jihadiste français. Et le film de suivre, documents judiciaires à l’appui, le parcours d’un jeune homme né à Vitry, et la caméra de filmer la clinique, puis le lycée, l’université, son lieu de travail, puis l’envol pour l’Égypte, la Turquie et finalement la route d’Alep, où il a rejoint le Front al Nosra en 2012. Mais la caméra ici ne se contente pas de plans fixes ou de descriptions distantes à coup de panoramiques maîtrisés, au contraire, elle hésite, cherche quelque chose, elle est elle-même animée : inquiète. Inquiète de comprendre.


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Un très beau texte sur le cinéma, « The Reality-Based Community”, de Erika Bolsom, avec un passage intéressant sur AKA Jihadi vers la fin :

http://www.e-flux.com/journal/83/142332/the-reality-based-community/

« When shown at the eighth edition of the Contour Biennale in Mechelen, Belgium, Eric Baudelaire’s Also Known as Jihadi (2017) was presented in the sixteenth-century Court of Savoy, once the seat of the Great Council and now the home of the lower civil and criminal courts—a setting that underlined the film’s engagement with the production of truth. In one regard, the film is a remake of Masao Adachi’s 1969 masterpiece A.K.A. Serial Killer, in which the director tests his notion of fûkeiron—landscape theory—which posits that social forces become visible through observation of the built environment. Following Adachi, Baudelaire’s film is composed of a series of long shots of locations once traversed by a pathologized protagonist, in this case, Abdel Aziz Mekki, accused of travelling from France to Syria to participate in jihad. But Baudelaire departs significantly from the Japanese filmmaker by adding a second component to his filmic vocabulary: legal documents from the investigation into Mekki’s activities, introduced between the landscape shots. The film thus engages in a comparative staging of two apparatuses tasked with the production of truth—observational documentary and the legal system—both of which are grounded in an evidential recording of reality that Baudelaire shows to exist at a remove from any guarantee of understanding. We are presented with evidence, yet Mekki’s motivations remain elusive. Also Known as Jihadi poses the epistemological potential of fûkeiron as a question rather than taking it as a given, but the film’s very existence demonstrates Baudelaire’s conviction that this is a question worth asking. There is no overt manipulation of the image, no voice-over to direct the viewer through a poetic meditation on the impossibility of truth, no reenactment. Also Known as Jihadi is an open inquiry into how the media of law and documentary might—the conditional tense is fundamental—produce knowledge and how they might fail. The film’s empty landscapes and reams of documents lead not to the arrogance of singular truth but to a suspended interval in which a humble reckoning with the limits of comprehension and the inevitability of unknowing occurs. »

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